Tennis de table : le Top 5 des européens qui ont existé au milieu de l’hégémonie chinoise

Ce n’est un secret pour personne, le tennis de table mondial est depuis les années 1960 outrageusement dominé par les Chinois, qui ont remporté 20 des 31 dernières éditions des championnats du monde chez les messieurs. Néanmoins, quelques joueurs européens ont parfois réussi l’authentique exploit de venir bousculer la hiérarchie. Afin de susciter dans nos esprits quelques bons souvenirs, voici notre Top 5 de ceux à avoir réussi à bousculer l’ordre établi par la nation phare du ping.

N°5 : Vladimir Samsonov

Comment ne pas démarrer ce Top 5 en citant le recordman européen du nombre de titres en Pro-Tour ? Bien que détrôné par Ma Long de ce record all-time il y a quelques mois, Vladimir Samsonov comptabilise la bagatelle de 27 titres sur le circuit mondial. Resté dans le Top 10 pendant plus d’une décennie, le Biélorusse s’est fait une place au plus haut niveau lors d’une des périodes les plus fastes de l’histoire, et sa longévité lui permet d’être aujourd’hui considéré comme un des meilleurs joueurs non-chinois de l’histoire du jeu.

Vainqueur de trois Coupes du monde (1999, 2001, 2009), Samsonov peut en effet se targuer d’avoir l’un des plus beaux palmarès européen du ping mondial. Ajoutez à ces trois titres majeurs et à ses 27 titres en Pro-Tour 9 Ligue des Champions, 3 titres de champion d’Europe en simple (1998, 2003, 2005) et une médaille d’argent au championnats du monde (1997), et vous comprenez vite pourquoi le natif de Minsk fait parti de la légende. Plusieurs fois vainqueurs de joueurs chinois lors des deux dernières décennies, il réalise encore aujourd’hui des performances de taille face aux maîtres du jeu, comme en témoigne sa victoire face à Lin Gaoyuan à l’Open du Qatar, le 5 mars dernier.

Nous aurions également pu citer Werner Schlager, dernier homme non-chinois à avoir inscrit son nom au palmarès des championnats du monde, mais nous avons jugé que cela ne représentait “qu’un” coup d’éclat au plus haut niveau, à côté de tous les accomplissements réalisés par Vladimir Samsonov tout au long de sa carrière (qui n’est même pas encore terminée).

ETTU.org - SAMSONOV avenged his defeat in Alicante

N°4 : Jean-Philippe Gatien

Est-il vraiment utile de rappeler le plus beau palmarès du ping français sur la scène internationale ? Vice-champion olympique en 1992, “Philou” s’était frayé un chemin jusqu’en finale des Jeux de Barcelone, battant successivement le champion olympique en titre Yoo Nam-Kyu en 8e (21-19 à la belle), Ding Yi en quarts et le Chinois Ma Wenge en demi-finale. Malgré une défaite en finale face à la légende suédoise Jan-Ove Waldner, le gaucher français a connu lors des saisons suivantes deux succès légendaires face à Jean-Michel Saive, en finale des championnats du monde 1993 d’abord, puis en finale de la Coupe du Monde 1994 ensuite.

Si la domination chinoise était peut-être certes moins exclusive à cette époque, le palmarès établi à un moment où des noms comme Kong Linghui, Liu Guoliang ou encore Jan-Olve Waldner rodaient sur le circuit mondial se signale. Pour convaincre les derniers sceptiques, on ajoutera même une médaille de bronze en doubles aux JO 1999 avec Patrick Chila et deux aux championnats du monde avec Damien Eloi en 1994 et 1997.

Jean-Philippe Gatien, pour l'éternité

N°3 : Timo Boll

Il n’a jamais été champion du monde, mais sa longévité et son palmarès dans la période la plus faste de l’histoire du jeu en termes d’homogénéité des joueurs composant le contingent chinois font de lui un des meilleurs joueurs européens de l’histoire. En effet, Timo Boll n’est pas moins que 7 fois champion d’Europe et 11 fois champion d’Allemagne en simple. Mais il a aussi et surtout l’un des palmarès européens les plus fournis au niveau mondial, avec une médaille de bronze aux Jeux de Rio en 2016, 14 médailles dans les deux compétitions phares (Coupe du monde et championnats du monde) dont deux victoires en Coupe du monde (2002 et 2005) et des victoires de prestige aux Open de Chine (en battant en finale Wang Liqin en 2006) et du Qatar (en battant Ma Lin en 2009).

Numéro un mondial en 2011 puis en 2013, le gaucher allemand a su faire évoluer sa panoplie au fil des années pour devenir une référence de son sport avec un jeu complet basé sur la rotation de balle, qui lui a permis de battre à plusieurs reprises les meilleurs joueurs chinois que sont Ma Lin, Wang Liqin, Zhang Jike ou encore Ma Long.

Timo Boll invincible !! | Sport Business Mag

N°2 : Jörgen Persson

Il est une des figures de la grande équipe de Suède des années 90. Triple champion du monde par équipe (1989, 1993, 2000), deux fois demi-finaliste aux JO (2000, 2008) et victorieux de la Coupe du monde et des championnats du monde en simple en 1991, Jörgen Persson aurait fait tremblé plus d’un Chinois pendant toutes ses années au plus haut niveau. Numéro un mondial en 1991 et 1992, il aura su se faire une place même dans l’ombre du meilleur joueur européen de l’histoire, qui n’était autre que son compatriote.

Mais ce dernier n’a néanmoins pas arrêté de faire parler de lui ces dernières années, devenant champion du monde vétérans dans la catégorie des 50-54 ans en 2018, et contribuant depuis sa chaise à amener Mattias Falck en finale des championnats du monde en 2019.

Philsports.ph: Table Tennis Legend: Jörgen Persson

N°1 : Jan-Ove Waldner

Un véritable mythe. Une légende vivante de ce sport. Surnommé “le Mozart du tennis de table”, Jan-Ove Waldner a tout gagné. Vainqueur des championnats du monde en 1989 et en 1997, de la Coupe du monde en 1990 et des Jeux Olympiques en 1992, il est devenu le premier joueur de l’histoire à réaliser le Grand Chelem en remportant les trois compétitions majeures du tennis de table. Il reste à ce jour le seul non-chinois à avoir réalisé cette performance. Il a par ailleurs décroché 4 titres de champion du monde par équipes avec l’équipe de Suède (en 1989, 1991, 1993 et 2000), et a bien évidemment été n°1 mondial pendant de nombreux mois. Des performances qui lui ont permises d’être élu au Temple de la renommée du tennis de table en 2003 (avec ses compères de l’équipe nationale de Suède, Jörgen Persson et Peter Karlsson).

Vice-champion d’Europe dès l’âge de 17 ans au début des années 1980, l’empire Waldner s’est allongé sur près de 25 ans et s’est terminé sur une demi-finale aux JO d’Athènes en 2004, à 38 ans. Son palmarès est tellement impressionnant que cela rendrait presque ses médailles d’argent aux JO 2000 et aux championnats du monde 1983 et 1999 anecdotiques.

Au-delà de ses brillantes performances, Waldner aura révolutionné le jeu, dégoûtant tous ses adversaires aussi bien par sa qualité de variation que par son toucher de balle inné. À l’issue de sa finale olympique en 1992 perdue 3-0 face au Suédois, Gatien avait même déclaré à son propos : « Je n’ai pas souvenir d’un gars mettant autant d’effets et variant autant les placements et ses camouflages. Horrible ! ». C’est dire. Pour les plus jeunes, on vous laisse sur une compilation des ses meilleurs coups.

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